Zoù Maë, de Céline Thibault et Géraud Pellottiero, remporte le Prix du public et le Grand Prix du jury au concours Design Parade Toulon

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Céline Thibault et Géraud Pellottiero, anciens résidents des Ateliers de Paris, ont présenté leur création, une pièce d’eau  et de détente articulée autour du savon de Toulon, au concours Design Parade Toulon et ont remporté le Prix du public et le Grand Prix du jury.

 

L’exposition est visible à L’ancien Évêché de Toulon, au 69 Cours Lafayette, jusqu’au 24 Novembre 2019.

 

 » Nous avons imaginé notre pièce d’eau à vivre comme une installation expérientielle. Une hybridation culturelle. Celle de la rencontre entre la Méditerranée, ses matériaux bruts et la culture du bain au Japon.

Au mur le papier washi laqué déroule le paysage. Il compose avec la moire du sol en pin une cuve à l’échelle de la pièce. Suspendus toute hauteur, des pains de savon sèchent face à nous. Ils libèrent un parfum d’olive entêtant. En avançant, de l’eau s’échappe d’une tuile et finit sa course dans une couasse de liège. Au-dessus un miroir argenté nous fait vaciller. Au son de la cigale, le long des pains de savon, s’ouvre l’espace du bain.

Face à nous l’Ofuro*. Il est coulé en savon de Toulon, tel un marbre brut : marqué – oxydé par le temps. À la fenêtre, les aiguilles de pins font face au soleil pour en filtrer ses rayons. Au mur, un kimono nous attend. Les UV du sud révèlent l’amas des aiguilles de pin pour un motif camouflage. Un rituel, une ritournelle … zoù maë* ! « 

Ofuro : « le bain et son rituel » en japonais

Zoù Maë : « On y va et on recommence ! » en marseillais.

 

Leur création s’accompagne d’un état d’esprit, propre aux matériaux utilisés et à la région méditerranéenne.

 

« Ses nuances dans les écorces. La cigale.

Elle est grise dans la pinède.

Le paysage de l’été par excellence. Son boucan. Ça larsen.

L’invisible bagage.

Le parlé de chez soi qu’on emporte en voyage.

Le cagnard des calanques à faire évaporer la mer.

Ça pègue, t’es moite, c’est lourd.

Rentrer se doucher nus pieds sur les graviers.

Vivre ensemble. Se raconter, se rincer, se mouiller.

L’huile pour savon. Toulon. Des bulles pour sent-bon.

Le savon pour cloison.

Tous au bain et embués !

Puis traîner son ombre au soleil.

Se sécher, savourer, se masser. Lézarder.

Se frotter. Un rituel. A la fraiche.

La douche et l’apéro. Le ptit jaune.

Se cacher, se mouiller.

Déambuler. Une trace, des pas.

Une tuile pour rigole. L’eau vive. Une fontaine.

Une génoise, un métier, la tradition.

Le midi. Le leveur de liège. Une vasque.

Des ombres à la fenêtre. L’aiguille et la pinède. La pénombre.

La matière, brute. Des odeurs.

Le maître savonnier, des pains de savons, un séchoir.

Se lever. T’es léger.

Se dénouer. S’aimer.

Repartir et sentir bon. »

 

Écouter le podcast de France Culture.

Lire le communiqué de presse.