Savoir-faire des Takumi 2019

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Savoir-faire des Takumi 2019

DIALOGUE

PARIS – KYOTO

« Savoir-faire des Takumi » est un programme d’accompagnement qui vise à rapprocher des professionnels maîtrisant un savoir-faire dans une démarche de découverte technique et culturelle.

En mai 2019 un premier workshop organisé aux Ateliers de Paris a permis à ces professionnels de découvrir des savoir-faire, des pratiques, des inspirations et philosophies différentes. Rapidement des duos ont été créés en respectant les choix émis par les participants. Au cours d’une semaine d’échanges, de visites et de temps partagés ils ont défini un territoire artistique à investir.

Début juillet, un second workshop s’est tenu à Kyoto.
Les duos se sont reformés dans les ateliers Kyotoïtes et les projets artistiques se sont affirmés. Un temps de restitution à la Villa Kujoyama a dévoilé au groupe les oeuvres en devenir. L’équipe encadrante a apporté son expertise sur les perspectives de développement et notamment de commercialisation en France et au Japon.

Au fil des mois, les échanges se sont poursuivis afin de laisser les pièces émerger. La plupart ont choisi de travailler des pièces indépendantes, nourries d’un thème commun (Anaïs et Yoko, Maria et Aline, Akiko et Chantal, Riki et Monika) ou enrichies de détails empruntés au partenaire (Isabelle et Mio). D’autres ont choisi d’adopter une technique commune, différentes de leurs habitudes (Yuko et Nicolas) ou des matières identiques (Keikou et Maxime). Pour d’autres l’association se faisait évidente (Keirakou et Ludovic, Shoko et Janique). D’autres enfin se sont lancés dans des expérimentations avec des matériaux et techniques innovants (Takeshi et Dimitry).

Le processus créatif est par essence solitaire. Le créateur trouve un sujet d’inspiration qui enrichit son univers et s’exprime grâce à son medium de prédilection. Le programme « Savoir-faire des Takumi » demande donc aux participants de se plier à un exercice difficile. Dans un temps court, ils vont choisir un partenaire qui pratique le plus souvent une technique différente de la leur et bâtir ensemble un projet créatif né de leurs inspirations communes, de leurs différences ou encore d’un thème qu’ils auront choisi. Ainsi naît le dialogue contraint entre des artisans d’art franciliens et kyotoïtes à la recherche d’un territoire artistique à défricher.
Et là, souvent le miracle s’opère. Ces duos créés avec une part de hasard vont trouver dans leur histoire, leurs processus créatifs, leurs matières, leurs savoir-faire ou encore leurs personnalités des similitudes, des liens humains et plastiques qui vont constituer un riche terreau.

Ces recherches ne vont pas nécessairement déboucher sur une pièce commune, en raison notamment de l’éloignement et des complexités techniques mais sur des pièces en écho où résonne le thème choisi dans une interprétation chaque fois singulière.
Au-delà d’une expression plastique, ces Takumi expérimentent la richesse du dialogue culturel qui ouvre les portes, abolit les frontières sur une forme de reconnaissance née de l’infinie puissance de l’émotion artistique. 10 créateurs métiers d’art franciliens et 10 professionnels Kyotoïtes partagent cette aventure à l’initiative des villes de Kyoto et Paris, avec le soutien d’Ateliers d’Art de France.

Les oeuvres seront présentées à Paris, Londres et Tokyo en 2020.

À Paris du 6 au 15 février aux Ateliers de Paris, 30 rue du Faubourg Saint-Antoine, 75012 Paris.

À Londres du 27 février au 1er mars à COLLECT, Somerset House.

Les créations de cette année 2019

Chantal Duclert (Atelier Maury) et Akiko Noda

En observant leurs villes, Paris et Kyoto, et en partageant leurs attirances artistiques communes pour les Nymphéas de Monet, les statues et peintures féminines, leurs fleuves, la Kamo et la Seine, et l’architecture japonaise, Akiko Noda et Chantal Duclert ont entrevu leur sens commun de l’esthétique et du respect pour la nature et la culture.
Le verre et la feuille d’or et de laque, matériaux hautement compatibles, brillent et se «reflètent» comme l’eau. Ceci symbolise leur relation artistique, ainsi que le lien qui unit la France et le Japon. Leurs créations sont basées sur le reflet de l’esprit de chacune.

Ludovic Clément d’Armont (Le Semeur d’étoiles) et Keiraku Kobo

Dès les premiers échanges entre Keiraku Kobo et Ludovic Clément d’Armont, leur rencontre franco-japonaise leur a évoqué le reflet de la lune dans les vagues. Tout en vivant chacun à l’autre bout du monde, ces deux artistes regardent tous les deux la même lune dans le ciel.
C’est pourquoi ils ont décidé de créer deux pièces. Belles seules, elles prennent tout leur sens une fois assemblées.
Ils ont tous les deux utilisé les matériaux qu’ils maîtrisent le mieux et qui sont leur signature : la laque d’Urushi pour Keiraku Kobo, et le verre soufflé et les LEDs pour Semeur d’étoiles. La lumière de la lune se reflète dans les ondes d’Urushi, combinant les deux oeuvres d’art en une seule.

Janique Bourget et Shoko Taruma

Cette pièce unique est le résultat de deux approches de l’artisanat contemporain où chaque pièce se révèle à travers la présence de l’autre. Rassemblée à travers leurs contrastes, cette sculpture se cristallise en mouvement, entre fluidité et stabilité, plein et vide, ombres et reflets.
Grâce au savoir-faire, le travail du papier et de l’Urushi subliment en profondeur silence et vide.

Janique Bourget et Shoko Taruma – Symbiosis

Monika Jadach (Slash Brand) et Riki Yoshida (Hisayama Senkou)

Les promenades parisiennes de Riki Yoshida et Monika Jadach leur ont inspiré l’histoire d’un voleur d’art désirant contribuer à la société en partageant les richesses volées. En puisant dans leurs passions communes pour la peinture, la mosaïque, les pochoirs et les arts de rue, ce duo évoque dans leurs créations l’abondance, la paix et l’art à portée de tous.
Elles illustrent cette histoire grâce à la sérigraphie à la main, venant de la technique traditionnelle de la teinture Yuzen.

Aline Putot et Maria Murayama

Durant 2 semaines, Aline et Maria ont échangé sur leur vision artistique, visité mutuellement les lieux qui les inspirent, partagé et ri. Leurs créations sont le fruit de ces échanges.

Maria fut influencée par les talents culinaires d’Aline qui cuisinait leurs déjeuners.
Aline fut influencée par le mouvement dans les sculptures de Maria ainsi que la légende du « Lapin de la Lune » que lui conta Maria.
Leurs créations suggèrent plusieurs niveaux de messages, dont l’importance de la vie et sa fugacité qui la rend d’autant plus belle.
Le passage de la vie à la mort et les blessures de la vie sont des thématiques qui s’imposent comme une évidence dans leur travail.

Maxime Bellaunay et Keikou Nishimura

La collaboration entre Keikou Nishimura et Maxime Bellaunay est née d’un dialogue avec la nature. Elle s’exprime dans leurs oeuvres à travers les matériaux qu’ils utilisent. D’un côté : le bois qui se plie et se déchire. De l’autre côté : la pierre qui casse et se fend.
À travers le processus violent et fort, indispensable à la production de leurs créations, ils subliment les matériaux pour inventer un équilibre poétique et harmonieux entre ce que la nature leur donne et comment ils interagissent avec elle. Leur travail commun a fait naître deux objets aériens uniques : une sculpture en bois et une table en pierre.

Isabelle Emmerique et Mio Heki

Observer le ciel / sentir le vide
Il n’y a rien / tout est ici
D’où es-tu / où vas-tu / je suis en chemin
Notre projet montre comment renaître et recommencer
Comment planter des graines et attendre qu’elles germent
Nous avons pris une part de chacune pour réensemencer le travail de l’autre et créer
MISA / MI (-o) et (I-) SA (- belle)
Le résultat est le mélange de nos savoirs et de nous- mêmes

Anaïs Guery et Yohko Toda

L’indigo et la laque sont tous deux revêtements de couleur végétale qui protègent les objets. Cependant, au fil du temps, le revêtement s’enlève lentement. La collaboration entre Yohko Toda et Anaïs Guery explore l’idée physique de l’ENTROPIE : la transformation irréversible de la matière à une température/un moment précis. Yohko Toda crée un duo d’objets en laque noire, concave et convexe.
Ils montrent des fissures, comme s’ils étaient nés de l’expansion et de la contraction des forces. Anaïs Guery crée un duo de vestes teintes à l’Indigo, dont la couleur a été altérée par le temps et la lumière.
Sophistiqués mais inachevés, ils invitent à voir et à ressentir l’Impermanence.

Nicolas Pinon et Yuko Hayashi

Quel pourrait être le lien entre les techniques de la céramique et de la laque ? Pour Yuko et Nicolas, ce pourrait être la pâtisserie, leur passion commune, qui occupe une place importante dans leur histoire professionnelle et familiale.
Empruntant la technique du pochage aux pâtissiers, ils ont décidé de rafraîchir leurs propres procédés, d’adapter ce nouvel outil à leurs propres matériaux et de rechercher de nouveaux langages.

Dimitry Hlinka et Takeshi Nishimura

Autour du thème commun de la montagne, Takeshi Nishimura et Dimitry Hlinka ont exploré les ressources d’un matériau hybride alliant pierre, liège et papier. Des objets fonctionnels aux différentes échelles sont nés des volumes et des reliefs émergeants de leurs nombreuses manipulations.
La technique Kinsai, choisie par les auteurs, souligne leur travail sur les courbes et donne un éclat précieux à ce paysage singulier.

Pour en savoir plus, consultez le dossier de presse.